Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 08:09

 

"Architecture, Image, narration", Pour ceux qui sont à lignes et formations autant vous dire que je n'ai pas encore eu la note, ce n'est qu'une piste alors faite vos propres recherches

 

 

Pour mieux comprendre le sujet nous allons donner une courte définition de chacun des termes ; L’Architecture est la science ou l’art de la construction des bâtiments.

L’image a déjà une définition plus complexe, cela peut être une représentation d’une personne ou d’une chose par les arts graphiques, mais cela peut aussi être une métaphore.

La narration est un récit détaillé, une argumentation.

« Architecture, Image et Narration » ; Pour l’image il est évident que cela doit raconter quelque chose aux yeux du spectateur, elle est omniprésente autour de nous, les publicités, les films, les livres d’images (Bd, mangas, livre pour enfant, photographie), mais l’architecture ? Comment l’architecture peut elle être narrative ? 

Les bâtiments sont ils aussi devenu narratifs ? Quel est le lien entre l’architecture et l’image ?  Quel est donc ce quatrième élément qui lie ces termes ? Quelque chose ne devient narratif seulement si quelqu’un est là pour lire ce message. C’est pour cela que nous ne mettrons pas de côté le spectateur qui doit être pris en compte dans le terme « narration ». Nous allons voir tout cela au travers de trois exemples.

La chapelle Sixtine, édifice religieux du 15ème siècle, entre 1477 et 1483, abrite la célèbre fresque de la Genèse de Michel Ange peinte entre 1508 et 1512, disposée sur la voûte. La genèse est composée de 9 épisodes centraux dont la séparation de la lumière, la création d’Adam, la tentation…. Cette décoration est une demande du Pape Jules II suite à des dégâts causé par la construction de la basilique Saint Pierre. Le Cinquencento, se passionne pour l’humanisme, c’est l’avènement de l’Homme, un homme fragile et pécheur qui doit rechercher son Salut dans le savoir et la religion. On peut parler de vulgarisation du savoir. L’homme est en quête perpétuel du savoir et de la connaissance. Et La parole Divine doit être accessible à tous.

 

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Expulsion, d’Ernest Pignon Ernest date de 1979, est un titre fort, nous quittons la religion mais non l’Homme, nous rentrons ici dans un enjeu politique et social. C’est une sérigraphie sur papier qu’il a collé, comme un art illégal, comme un tag, sur un bâtiment délabré. Deux hommes, tenant des bagages et des matelas, des visages fatigués de travailleurs. Nous sommes dans l’actualité des années 70-80 où la ville de paris rénova énormément d’immeuble et délogea ainsi ses habitants. Ernest Pignon Ernest a fait parti de ces gens qui furent expulsés. Période qui le marqua. Son travail se place sur la ville, dans la ville, la rue est sa galerie.

 

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La bibliothèque universitaire de l’école technique et Supérieur de la ville d’Eberswalde en Allemagne fut inaugurée en 1999, se retrouve encore dans une autre situation et un autre contexte de création. Le bâtiment est une commande et se sont les architectes suisse Herzog et de Mauron qui en auront la création. La particularité de cette architecture est la sobriété dans sa forme.

 

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Le lieu n’a pas toujours eu son importance dans l’œuvre, sauf pour les fresques, où celles-ci étaient réalisées en fonction de l’endroit, de l’architecture. Mais à l’avènement des peintures de chevalets on peut dire que le lieu n’avait pas toujours grands intérêts sauf pour les commandes particulières. Mais nous allons voir ici que le lieu, l’espace et l’architecture sont primordiaux à leur rapport à l’image. Que l’architecture et l’image sont liée et dépende l’un de l’autre.

La chapelle fait 40,5 mètres de long sur 14 de large et la voûte s’élève à 20m. La structure de la voûte présente 6 lunettes verticales au dessus des fenêtres latérales séparées par des pendentifs qui définissent des intrados triangulaires. Par-dessus les pendentifs, la voûte se fait presque plate. C’est sur cette base que Michel-Ange va concevoir une architecture en trompe l’œil. Il va y peindre des corniches, divisant l’espace en plus grand nombre pour y rajouter des médaillons soutenus par des Ignudi (des nus). Toute cette division a pour but de servir un programme iconographique étudié par les théologiens sur le thème du Salut et de la Rédemption. Une chapelle est un lieu de méditation, un lieu de culte, de prière. Le fait d’avoir des fresques autour du croyant venu écouter les messes et prier permet de rentrer en méditation. Mais se ne sont pas n’importe quelles scènes que l’on choisi. On ne les place pas n’importe comment non plus. Le fait que la création d’Adam, soit au centre et d’une taille plus importante que les huit autres scènes ne sont pas du fait du hasard. L’image à un rôle primordiale. Elle met en évidence la fonction du lieu. C’est un lieu de culte mais aussi un lieu de savoir, du savoir religieux. Le peintre ne s’est pas seulement intégré à l’architecture il s’est aussi permit de la modifier, changeant l’espace lui-même. Nous sommes dans un cas où l’architecte et l’artiste ne se sont pas rencontrés, ils n’ont pas cohabité pour la réalisation de la chapelle et des fresques. La commande des fresques fut faite après la réalisation. L’architecture n’est qu’un support à la fresque, un support du savoir. L’architecture raconte un lieu, et sa forme rappelle sa fonction les images soutienne cette fonction de l’édifice.

 

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Pour Ernest Pignon Ernest, le lieu est important pour ses sérigraphies. Il ne choisit pas au hasard. Nous avons ici un vieil immeuble qui a une histoire, du vécu, le lieu à une essence. Et il fut choisi dans ce but, les images qu’il voulait imposer à cet immeuble, non prévu pour, devaient faire ressortir l’essence du lieu. Les images ont ainsi un impact visuel sur ce mur, parlons de ce mur… on y voit du papier peint, des paliers détruis. C’est un immeuble éventré. Les différents matériaux devenu matière à l’artiste, comme une toile. Mais c’est l’artiste qui en parle le mieux ;

« À l’origine, il y a deux choses : d’une part, mes parents, qui habitaient Nice, avaient été expulsés de leur logement. Ils avaient dû quitter le quartier où ils avaient pratiquement toujours vécu et où j’avais moi-même passé mon enfance.

D’autre part, durant cette période de 1975 à 1980, il y a eu beaucoup de rénovation dans Paris. Je trouvais saisissant, bouleversant, ces immeubles éventrés, cette mise à nu, cette projection aux yeux de tous des traces d’intimité de la vie des gens. Je me souviens d’une chambre d’enfant, du papier bleu, des bateaux découpés et collés qui dessinaient l’emplacement d’un lit.

Cette exhibition me semblait d’une grande violence, comparable à un viol. Par ailleurs il est évident que ces espaces déterminés par les traces des planchers et des cloisons peuvent apparaître aussi comme une organisation de couleurs, de matières, de lignes, ces murs font irrésistiblement penser à des recherches plastiques, qui plus est chargées d’émotions et de souvenirs. Au fond, on aurait pu tout simplement les signer. »

Dans cette citation Ernest Pignon Ernest, explique sont fonctionnement et surtout le rôle de l’image, il replace les personnes dans des histoires qu’on peut deviner dans les lieux qu’il choisit. L’image est là pour révéler, pour rappeler qu’il y a eu des histoires. L’image et le lieu sont en parfaite connivence, ils fusionnent l’un l’autre. L’édifice lui-même est une œuvre d’art. IL n’est plus là comme simple support, il est fait partie de l’œuvre de Pignon Ernest. L’image soutient le lieu de mémoire. L’architecture est devenu galerie, c’est le Street Art. Il met en œuvre un lieu réel (ici l’habitat) pour y introduire un élément fictif pour raconter l’histoire, une histoire qui souvent à un rapport avec la ville, le quartier, le bâtiment, un écho à son histoire ou son actualité.

La bibliothèque D’Herzog et de Mauron a été pensée avec les images, mais elles n’ont plus ici le même rôle que les deux exemples précédents. L’on peut vulgairement déclarer que le l’immeuble est un cube de béton et de verre. Si la forme est « banale », les architectes se sont intéressé directement aux enveloppes extérieur, alors que pour certaines de leurs œuvres on peut voir des lamelles de cuivre, ici nous pouvons observer des images, des photos imprimées, des sérigraphies (comme Pignon-Ernest), seulement ils ont fait appelle pour cela à Thomas Ruff, photographe allemand connut pour des séries. Se sont ses photos de presses issues de sa collection personnelle qui ont été juxtaposées à la façade du bâtiment, devenant un lieu d’exposition et transformant ainsi le bâtiment en œuvre d’art. Mais le travaille des architectes ne s’arrête pas là. Le travaille sur l’extérieur ? Non, l’on peut observer un travaille sur le mélange intérieur/extérieur. Les deux milieux se mélangent, car c’est un vêtement transparent qui habille l’édifice. Un jeu sur les lignes graphiques, tout est présentés comme des bandes horizontales. Un autre jeu s’immisce, et au niveau des images, pas seulement au niveau de l’histoire qu’elles racontent, mais un jeu entre elles, le soleil et le spectateur. Lorsque le soleil tape sur les vitres imprimées, alors dans le couloir, sur le sol ou sur les murs se dessine la photographie. Ainsi le mélange la relation intérieur et extérieur est total. L’architecture joue avec l’espace et l’environnement et l’image. L’image et l’architecture ne font plus q’un seul élément.

 

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Dans tout cela il ne faut pas oublier un élément essentiel. L’impact des images et de l’architecture sur le spectateur. Nous allons donc nous concentrer sur ce lien qu’il puisse exister entre l’homme et les arts. Nous avons déjà employé le mot « narration » à plusieurs reprises, nous allons pouvoir remarquer que cette qualité de narrative a évolué voir disparu.

Pour la bibliothèque d’Herzog et Mauron, l’image décore les façades. Jusque là, les spectateurs ne faisaient que regarder même si le spectateur lui-même et se place par rapport aux œuvres à changer. Se sont des images « populaires » des 20 dernières années, c’est une mise en forme de l’information, une façade médiatique pour une bibliothèque qui est un lieu de recherche et d’étude. C’est une répétition sans fin lui retirant ainsi toute signification. L’image perd donc son côté narratif n’étant ici uniquement pour son coté décoratif ? Dans les détails on peut observer une toile qui pourrait être de renaissance italienne, une allégorie avec une vénus et un cupidon, des photos de presses, comme un avion, un groupe de personne, des gens regardant une maquette. Nous sommes dans l’information, dans l’Histoire. Mais, ici tout se confond, tout se mélange, s’est de la désinformation. L’image est devenu décoration architecture pour cette bibliothèque, la fusion est totale, l’architecture et l’image ne font plus qu’une seule et même personne.Nous sommes un peu comme devant les œuvres de Pop art, tels que ses sérigraphies comme les Marilyns ou les Catastrophes mauves d’Andy Warhol. Les images ne sont devenus que de simples objets. L’homme ne voit plus aucune narration dans la répétition des images. Or ici, les images et l’architecture ne font plus qu’une. Le spectateur rentre dans toutes ces images. Il pénètre dans un lieu recouvert d’images. Le spectateur peut tourner autour et il peut marcher dessus. En effet, lorsque le soleil tape sur les vitres, tel des vitraux, les images se reflètent sur le sol et les murs des couloirs et des salles. L’homme peut piétiner et toucher l’image. Elle a perdu toute fonction, car à force d’être répétée et ainsi exposée l’image n’est plus du tout narrative, elle perd même sa forme. Nous sommes en présence de simples éléments décoratifs.

Pour la Chapelle Sixtine, il fallait des fresques en rapport avec la religion ; Les fresques et les peintures avaient un lien direct avec elle alors que dans l’Antiquité on retrouvait aussi des scènes de mœurs. Les chapelles sont des lieux de méditations et d’enseignements spirituels où l’on est venu prier ou écouter la voix du Seigneur. Les fresques de Michel-Ange, ont ainsi un autre statut qu’œuvre, mais celui de « livre d’image ». A la Renaissance, tous doivent connaître la livre Saint, même ceux qui ne savent pas lire. Le rôle des images est d’éduquer mais aussi de servir la prière et la méditation. Cela doit servir la foi. L’image doit apprendre au spectateur, mais doit aussi le plonger dans la méditation de la prière. L’image, n’a rien de fantaisiste, elle est au-delà de la simple décoration. Elle est enseignement. Pour cela elle doit parler au spectateur et employer des codes que tous connaissent. Il est aussi dominé par la Génèse qui se trouve au dessus d’eux, sur la voûte qui représente le ciel. Il doit lever la tête pour voir l’image de Dieu. Nous sommes ici dans le rôle pur de la narration qui est de raconter un récit.

Expulsion, d’Ernest Pignon Ernest, est aussi un enseignement, ou non, plutôt un rappel, un rappel historique, d’un évènement social qui le marqua. L’image à là aussi un rôle narratif. Pour le spectateur, s’il ne connaît pas l’histoire de Pignon Ernest, comprend vite que ces images racontent tout de même l’histoire du lieu. Oui, contrairement à la Genèse qui raconte l’histoire en générale, les sérigraphies font ressortir l’essence, Une histoire particulière par rapport à un lieu donné. Le spectateur se retrouve face à des images de tailles réelles. Des êtres humains de papiers, des corps qui s’intègre parfaitement à l’architecture. L’histoire du lieu, l’histoire d’homme comme nous. Le narratif de l’image est donc toujours présent, mais ne plonge pas le spectateur dans une contemplation religieuse. D’ailleurs le bâtiment est dans un lieu public, en extérieur, exposé au regard de tous mais aussi aux intempéries. L’image va changer, évoluer et continuer raconter autre chose. C’est une image pour le publique (même si nous ne sommes pas encore dans la publicité car Pignon Ernest travaille en série, les images restent uniques). Les passants peuvent voir cela comme des graffiti car il n’y a ni mise en scène, mise en valeur. Les œuvres de Pignon Ernest sont mis en œuvres, par l’histoire qu’il y a put avoir sur le bâtiment. Nous somme dans l’essence du lieu, le passé. Nous avons quitté l’image qui enseigne pour l’image qui révèle. Le regard du spectateur n’est pas le même, il a changé. L’homme qui marche dans la rue ne pose pas le même regard sur un dessin que l’homme qui va dans une galerie ou même dans une chapelle.

 

Les liens qui existent entre l’Architecture et l’image sont bien existants et ceux de tout temps, nous pouvons le remarquer avec les peintures rupestres (tel que la grotte de Lascaux). Les hommes ont toujours donnés une valeur narrative à l’image. On a pu voir que dans certains cas les murs ne servent que comme support à l’œuvre avec la chapelle Sixtine, mais aussi parfois c’est l’œuvre de l’artiste qui fait ressortir l’histoire, la beauté de l’architecture, sans chercher à camoufler la façade. Mais que l’architecture et l’image pouvaient aussi ne faire plus qu’un. Les relations entre elles sont interactives. L’image sert l’architecture comme l’architecture sert l’image. Que c’est le spectateur qui lui donne aussi sa notion narrative où la lui retire. Que toute image raconte une histoire et aide cette histoire à ressortir d’un lieu qui est lui-même narratif de part sa forme. Lieu de prière, lieu d’habitation ou lieu de savoir, la forme raconte la fonction et l’image doit servir cette fonction où alors s’en libérer en se vulgarisant. L’art s’inscrit sur les bâtiments, le bâtiment devient une œuvre d’art. le bâtiment peut devenir narratif alors que l’image peu perdre cette fonction première.

 

 

 

 

 

 

 

Par Am.Ca - Publié dans : histoire de l'art - Communauté : PEINTURES PASSION
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