Hier j'étais de sortie, oui oui cela m'arrive. J'ai été à l'exposition du musée Tavet à Pontoise,
l'arbre dans la peinture de paysage de 1850 et 1820, de Corot à Matisse. Oui il y a plus court pour un titre
d'exposition (qui dure d'ailleurs jusqu' au mois de Juillet si vous avez envie d'y aller.)
j'y ai redécouvert la peinture de paysage même si je dois avouer que Signac et Seurat ne sont pas forcément mes
peintres favoris. J'y ai vu d'ailleurs des toiles magnifiques Mais! Mais!!!!
Il y a eu!!! Et Elle y est encore!!! UNE toile qui m’a fait frissonnée lorsque mes yeux se sont posée sur elle!
Cela ne m’étais pas arrivée depuis Aivazovski (j'espère l'avoir bien écrit). Vous devez vous dire que j'exagère, que je me mets à délirer mais non pas du tout. Enfin pas trop.
Bon , avec le titre vous vous dites on sait c'est Doré, c'est tout dit dans le titre de l'article. Bah, oui mon
titre n'est pas original. Mais bons rentrons dans le vif du sujet!
Tout le monde connait Gustave Doré. Enfin, non donc je vais vous expliquer un peu ce pour quoi il était connu en
France; les illustrateurs, les gravures et les caricatures. Il fut le plus grand illustrateur de son époque. Il illustra les Fables de la Fontaine, les contes de Perrault, d'Edgar Allan Poe et
bien d'autre encore comme dirait l'autre; "j'en passe et des meilleurs".
Pour tout vous dire il publia ses premières lithographies à l'âge de 14 ans; "les travaux d'Hercule". IL travailla
dès lors au Charivari.
Au-delà de l’illustrateur, de sa passion du trait, et de la gravure, qui le rendirent célèbre dans toute l’Europe,
Doré était passionné aussi par la peinture. IL s’inscrivit d’ailleurs dans un atelier public de Dupuis et apprenti chez Henri Scheffer. Seulement ces toiles passèrent inaperçus en France. C’était
sans compter sur l’Angleterre. Il signa même pour ouvrir une galerie qui rencontra un grand succès. Il y fit plusieurs voyages. L’Angleterre lui apportait ce que la France ne lui donnait
pas…. Une reconnaissance en tant que Peintre et non pas seulement uniquement illustrateur.
« Je suis mon propre rival, je dois effacer et tuer l’illustrateur afin qu’on me parle de moi comme peintre ».
C’est sur cette citation de Gustave Doré lui-même, que je vais enfin commencer à parler de la toile qui m’a donné autant de
frisson. (ah, oui petit détails, Doré fut volontaire lors de la guerre franco-prussienne, en 1870, il fut traumatisé par ce qu’il a vue mais aussi par ce qu’en tant qu’alsacien, il ne supporta
pas le fait qu’elle ne soit plus française, il partit vivre en Angleterre durant un an et fit plusieurs voyage là-bas même après son retour en France).
Ce que l’Angleterre lui apporta est important, surtout pour la toile qui me fit frissonnée, car c’est un paysage d’Ecosse que je
vais vous présenter. (Et je ne me laisse pas influencer par le fait que je rêverais d’aller en écosse…)
Bon trêve de bavardage, maintenant que l’on a resitué Gustave Doré, place à la toile ;
Torrent en Ecosse.Après l'orage. 1875-1878. Huile sur Toile. 108 sur 183 cm.
Premier point très important ! La reproduction ne redonne pas les couleurs et les contrastes de la toile lorsque je l’ai
découverte dans le musée. Surtout que pour une fois, les lumières n’étaient jetés directement dessus, elles allaient juste devant et donc pas de reflets qui ne nous empêchent pas de regarder la
toile.
Je me suis renseignée un peu (j’aime bien lire les critiques, les descriptions avant…), et dans l’annotation du musée de
Grenoble, j’ai pu lire le terme « vision tellurique ». Alors tellurique signifie qui vient de la terre. J’avoue que je ne pense que j’aurais employé ce mot par moi-même (je dois avoir
une trop petite tête pour ça), mais maintenant que je regarde la toile, que je me souviens de la sensation lorsque je l’a vit, je me dis oui pourquoi pas. Cela rejoint mon idée que je me suis
faite sur cette toile, sur les images qui me sont passé par la tête en le voyant. J’ai pensé ; « magie, féérie, druide » alors vision tellurique, une vision, une image qui vient de
la terre même, cette magie que seul les éléments tous réunis en un seul endroit peuvent faire naître pour émouvoir même l’homme le plus insensible (euhh je m’avance peut être un peu en parlant
pour tous les hommes mais bon… moi aussi j’ai le droit de rêver).
La touche du maître n’est pas forcément mise en relief ici, mais je peux vous assurer que les petites touches en blanc que l’on
retrouve sur l’eau sont vraiment aérienne, et cette brume épaisse qui laisse passer la lumière aussi. Les contrastes de cette toiles sont subtils mais aussi cohérente, on peut voir les mêmes
après une ondée lorsque le soleil recommence à pointer son nez.
Notre œil est tout de suite attirée par les reflets sur l’eau, et les deux points blancs, qui volent vers la rivière, descendant
de la montagne. On y sent une certaine chaleur malgré le fait que la palette est dans les tons froids.
Nous sommes ici en plein paysage romantique, je dirais même pour ma propre opinion qui ne regarde que moi (donc vous pouvez ne
pas être d’accord avec moi), j’y vois ici un peu de Sublime un peu comme Turner (oui oui je reste en Angleterre), mais j’y vois dans les détails réaliste, de Constable mais aussi du Friedrich (là
je vais en Allemagne pour changer un peu.
Comme quoi le paysage en lui-même suffit, pas besoin de sujet autre que lui-même. La Terre comme Sublime.
Bon voilà, je vous ai fait découvrir une nouvelle facette de Gustave Dorée (que moi-même je viens de découvrir
presque en même temps que vous), qui moi m’a totalement subjuguée et je dis que c’est bien dommage que ces peintures n’ai pas eu autant de succès que ces illustrations en France du
moins.